Le prêt relais est un crédit à court terme qui permet d’acheter un nouveau logement avant d’avoir vendu l’ancien. La banque vous avance une part de la valeur de votre bien, le plus souvent 70 %. Vous payez surtout des intérêts. Vous soldez le capital le jour de la vente.
Ce guide explique le mécanisme pas à pas, le calcul du montant, le coût réel, les risques et les solutions si la vente traîne. Les chiffres viennent des pages publiques de banques et de courtiers, relues en octobre 2026.
Définition : le prêt relais. Le prêt relais (ou crédit relais) est un prêt in fine, d’une durée de 12 à 24 mois. Il avance une partie du prix de vente futur d’un bien déjà possédé. Les intérêts se paient pendant la durée du prêt. Le capital se rembourse en une fois, avec le produit de la vente.
Un prêt relais fonctionne comme une avance sur le prix de vente de votre bien actuel. Il comble le décalage entre le jour où vous payez le nouveau logement et celui où vous touchez l’argent de l’ancien.
Voici le déroulé type :
Le remboursement anticipé, total ou partiel, se fait sans pénalité chez la plupart des prêteurs.
Seuls les propriétaires y ont accès. Le bien à vendre sert de base de calcul, donc les primo-accédants sont exclus. Le cas type : une famille qui s’agrandit, une mutation professionnelle ou un coup de cœur à saisir vite.
Certaines banques acceptent aussi les SCI composées de personnes physiques et les achats de résidence secondaire ou locative. Si vous hésitez encore sur la nature du futur bien, ce comparatif achat maison ou appartement aide à clarifier le projet avant de chiffrer le financement.
Il existe quatre formules principales. Le choix dépend du prix du nouveau bien par rapport à l’ancien et de l’existence d’un crédit en cours.
| Type | Quand l’utiliser | Particularité |
|---|---|---|
| Relais sec | Le nouveau bien coûte autant ou moins que l’ancien | Aucun autre prêt nécessaire, intérêts seuls |
| Relais adossé (couplé, jumelé) | Le nouveau bien est plus cher | Relais associé à un prêt classique, formule la plus courante |
| Franchise totale | Mensualité impossible à tenir avant la vente | Ni intérêts ni capital pendant 12 mois maximum, adossé à un prêt classique |
| Relais intégré (acquisition, rachat) | Vous voulez un seul prêt | La banque rachète les crédits en cours, un seul prêt long subsiste après la vente |
Les banques n’emploient pas toujours les mêmes noms. Faites écrire la définition exacte dans l’offre de prêt.
Le montant se calcule ainsi : (valeur estimée × quotité) − capital restant dû = prêt relais.
La quotité tourne autour de 70 % en moyenne. Elle monte avec un compromis de vente signé, car le risque baisse pour la banque. Sans acquéreur, elle baisse et la durée s’allonge.
Exemple chiffré. Votre maison est estimée 300 000 €. Il vous reste 90 000 € à rembourser. Vous achetez 380 000 € frais compris, avec 20 000 € d’apport.
Et si la maison part à 270 000 € ? Le relais est toujours soldé. Mais il ne reste que 150 000 € pour le prêt classique, et la dette finale monte à 180 000 €. Testez toujours ce scénario avant de signer.

La banque exige une estimation sérieuse, souvent à vos frais. Prévoyez deux ou trois estimations de moins de trois mois.
La durée standard est de 12 mois, renouvelable une fois, soit 24 mois au maximum. Certaines banques proposent 24 mois d’emblée avec paiement mensuel des intérêts, et 12 mois en différé total.
La prorogation n’est jamais automatique. La banque revoit ses conditions. Passé 24 mois, le relais devient en général un prêt amortissable classique.
Le coût se compose de cinq éléments :
Les frais d’acquisition ne sont pas couverts par le relais. Pour budgéter correctement, utilisez ce guide sur le calcul des frais de notaire.
À titre d’illustration, 120 000 € à 3,5 % coûtent 4 200 € d’intérêts par an, soit 350 € par mois, hors assurance. Le taux est une hypothèse de calcul, pas une offre.
| Différé partiel | Différé total | |
|---|---|---|
| Paiement avant la vente | Intérêts et assurance chaque mois | Assurance seule, parfois rien |
| Capital | Soldé à la vente | Soldé à la vente |
| Intérêts | Payés au fil de l’eau | Capitalisés, payés à la vente |
| Coût final | Plus bas | Plus élevé |
| Profil adapté | Revenus stables | Emprunteur sûr de vendre vite |
Un courtier estime que les intérêts capitalisés peuvent alourdir la dette finale de 2 à 4 % si la vente tarde. Le différé partiel reste le choix le plus économique.
La condition de base est d’être propriétaire du bien à vendre. La banque vérifie ensuite votre capacité de remboursement. Le taux d’endettement de 35 % maximum, recommandé par le Haut Conseil de stabilité financière, sert de repère.
Le dossier comprend généralement :
Anticipez aussi les diagnostics. Une maison mal classée au DPE peut exiger un audit énergétique avant la vente. Vérifiez le calendrier en vigueur dans ce guide sur l’audit énergétique obligatoire.
Avantages
Risques
Agissez tôt. Voici un ordre de décision simple :
La location a des effets fiscaux. Les loyers relèvent des revenus fonciers : régime micro-foncier sous 15 000 € par an, régime réel au-delà. Consultez les guides sur le formulaire 2044 des revenus fonciers et la déclaration immobilière 2042.
Autre piège : un bien loué ou quitté depuis longtemps n’est plus une résidence principale. Sa vente peut alors être taxée. Le taux d’imposition de la plus-value sur une résidence secondaire donne les barèmes. Enfin, les logements les plus énergivores ne peuvent plus être loués : la classe G est concernée depuis 2025.
La durée maximale est de 24 mois, en général 12 mois renouvelables une fois.
Entre 50 et 80 % de la valeur estimée du bien, moins le capital restant dû. La moyenne est de 70 %.
Oui, si la valeur nette du bien à vendre couvre le prix du nouveau logement et les frais annexes.
Non, pas dans la plupart des offres. Seuls les intérêts courus jusqu’au jour du remboursement restent dus.
Non. Il faut déjà posséder un bien à vendre.
Vous pouvez demander une prorogation, baisser le prix ou accepter une transformation en prêt amortissable.
Le prêt relais permet d’acheter avant de vendre, mais il vit au rythme de votre vente. Calculez toujours le scénario d’une vente à moins 10 %. Préférez le différé partiel. Prévoyez dès le départ un plan B : baisse de prix, prorogation ou location.