Refaire l’électricité d’un logement coûte entre 1 000 € pour une simple mise en sécurité et plus de 16 000 € pour une maison de 100 m² entièrement rénovée. L’écart est énorme, et il s’explique presque toujours par le même facteur : le niveau d’intervention réellement nécessaire.
Le prix d’une rénovation électrique complète oscille généralement entre 80 € et 160 € du m² hors taxes, fourniture et pose comprises. Mais tous les projets ne nécessitent pas ce niveau de travaux. Il existe trois niveaux d’intervention bien distincts, avec des budgets très différents.
| Niveau de travaux | Prix moyen | Ce que ça comprend |
|---|---|---|
| Mise en sécurité | 1 000 € à 1 500 € | Correction des anomalies : mise à la terre, différentiel 30 mA, disjoncteurs manquants |
| Rénovation partielle | Environ 3 000 € | Réfection du tableau, création de circuits spécialisés (cuisine, salle de bain) |
| Rénovation complète | 80 € à 160 € / m² HT | Remplacement intégral du réseau électrique et mise aux normes NF C 15-100 |
La mise en sécurité corrige les dangers immédiats sans refaire toute l’installation. Elle intervient le plus souvent après un diagnostic électrique obligatoire (DEO) qui a révélé des anomalies : absence de mise à la terre, tableau non protégé, câbles dénudés.
Ce n’est pas une mise aux normes complète. C’est une intervention ciblée qui rend le logement habitable en toute sécurité, sans nécessairement respecter chaque exigence de la norme NF C 15-100. Cette distinction compte, notamment lors d’une vente ou d’un achat : consultez notre guide sur le fonctionnement du DPE pour comprendre comment ce diagnostic influence l’évaluation d’un bien.
C’est le niveau le plus flou dans les guides existants, alors qu’il concerne une part importante des projets. La rénovation partielle vise une zone précise du logement : une cuisine qui manque de circuits spécialisés, une salle de bain à mettre aux normes, ou un tableau devenu trop vétuste pour accueillir de nouveaux équipements.
Un budget type de 3 000 € couvre généralement :
Ce niveau intermédiaire concerne souvent une seule pièce à la fois. Si le projet touche aussi le salon ou une chambre, les budgets et méthodes se recoupent avec ceux détaillés dans notre guide pour rénover une chambre et notre guide pour rénover un salon.
La rénovation complète remplace tout le réseau électrique du logement : câblage, tableau, gaine technique logement (GTL), prises, interrupteurs et points lumineux. Elle inclut systématiquement la mise aux normes NF C 15-100.
Le prix au m² varie selon la surface, la configuration du logement et l’accessibilité des réseaux existants. Sur une maison ancienne à recâbler entièrement, le haut de la fourchette (140-160 €/m²) est fréquent.

Deux logements de même surface peuvent afficher des devis très différents. Trois facteurs techniques expliquent l’essentiel de l’écart : la méthode de pose, la nature des cloisons, et la configuration du bâtiment.
La pose encastrée consiste à creuser des saignées dans les murs pour y noyer les câbles avant de reboucher et repeindre. C’est la méthode la plus discrète, mais aussi la plus longue : elle demande souvent 30 % à 50 % de main-d’œuvre en plus qu’une pose apparente.
La pose apparente fait courir les câbles dans des goulottes fixées en surface. Elle coûte moins cher et se réalise plus vite, mais elle reste visible. C’est une solution fréquente en rénovation légère ou dans un garage transformé en pièce de vie, un cas traité dans notre guide pour transformer un garage en pièce à vivre.
C’est le facteur le plus sous-estimé dans les guides généraux, alors qu’il pèse directement sur le nombre d’heures facturées.
Sur une maison ancienne à structure mixte, un électricien intègre presque toujours une marge de temps supplémentaire pour ces murs plus complexes. C’est une ligne à demander explicitement dans le devis.
Un plafond haut ou une charpente apparente complique le tirage des câbles et peut nécessiter un échafaudage, ce qui augmente le prix de la main-d’œuvre. C’est un point particulièrement sensible dans les projets d’aménagement de combles, où le réseau électrique doit souvent être créé de zéro : voir notre guide sur l’aménagement des combles.
Le même principe s’applique aux caves et sous-sols, où l’humidité et l’accès restreint imposent des protections spécifiques : notre guide technique pour rénover une cave ou un sous-sol détaille ces contraintes.
La norme NF C 15-100 encadre toute installation électrique basse tension dans les logements français. Elle s’applique obligatoirement aux constructions neuves et aux rénovations complètes ; elle n’est pas systématiquement exigée pour une simple mise en sécurité.
Quelques exigences reviennent dans presque tous les contrôles :
L’AFNOR publie et met à jour cette norme ; la norme NF C 14-100, distincte, concerne le réseau en amont du disjoncteur de branchement, géré par le fournisseur d’énergie.
Le Consuel (Comité National pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité) délivre une attestation de conformité obligatoire dans deux cas précis : une installation neuve, ou une rénovation complète touchant l’ensemble du circuit électrique. Sans ce visa, le fournisseur d’énergie peut refuser la mise en service du compteur.
En résumé : la mise en sécurité corrige des dangers ponctuels sans viser une conformité totale ; la mise aux normes NF C 15-100 concerne une rénovation complète et déclenche l’obligation du visa Consuel avant la remise sous tension.
Pour une maison ancienne de 100 m² à recâbler entièrement, avec pose encastrée et cloisons mixtes (placo et brique), le budget se répartit généralement ainsi :
| Poste de dépense | Coût estimé |
|---|---|
| Tableau électrique et disjoncteurs | 800 € à 1 200 € |
| Câblage et saignées (100 m²) | 6 000 € à 9 000 € |
| Prises, interrupteurs, points lumineux | 2 000 € à 3 500 € |
| GTL et coffret de communication | 500 € à 900 € |
| Mise à la terre et piquet de terre | 300 € à 500 € |
| Visa Consuel | 130 € à 180 € |
| Total estimé | 9 700 € à 15 300 € |
Ce montant se situe dans la fourchette de 80 à 160 €/m² annoncée plus haut, avec une variation forte selon la nature des cloisons et la hauteur sous plafond décrites précédemment.

Comparer deux devis d’électricien à l’aveugle, sur le seul montant total, mène presque toujours à une mauvaise décision. Il faut comparer le contenu ligne par ligne, pas le chiffre final.
Un devis sérieux précise, pour chaque poste :
Un devis qui se limite à une ligne « fourniture et pose – forfait » doit alerter. Il est fortement recommandé de solliciter deux à trois devis comparatifs pour repérer les écarts anormaux, en particulier sur la ligne « fournitures », souvent gonflée artificiellement chez certains artisans peu scrupuleux.
Les guides généraux évoquent rarement les vrais enjeux de planning, alors qu’ils font souvent capoter un budget par des surcoûts imprévus. Trois points méritent d’être négociés avant signature :
Plusieurs dispositifs réduisent concrètement le coût d’une rénovation électrique, à condition de bien vérifier les critères d’éligibilité avant de signer un devis.
Les travaux de rénovation électrique dans un logement achevé depuis plus de deux ans bénéficient d’une TVA à 10 %. Ce taux descend à 5,5 % lorsque les travaux s’inscrivent dans un projet global d’amélioration de la performance énergétique, par exemple couplés à un changement de mode de chauffage.
C’est l’aide la plus mal connue, et pourtant l’une des plus accessibles : plusieurs fournisseurs d’énergie proposent une prime pouvant atteindre 150 € par émetteur de chauffage remplacé par un modèle électrique performant et connecté. Cette prime se cumule souvent avec les certificats d’économie d’énergie (CEE) et s’ajoute aux dispositifs plus connus.
Pour un projet de rénovation plus large touchant l’isolation ou le chauffage, il est utile de vérifier en amont les montants et conditions de MaPrimeRénov’ via notre guide sur les conditions et montants de MaPrimeRénov’ 2026, géré par l’ANAH. La réforme du DPE, qui intègre désormais un coefficient lié à l’électricité, peut aussi influencer l’éligibilité de certains logements : notre guide sur la réforme du DPE 2026 et le coefficient électricité explique ce changement.
Enfin, pour les propriétaires bailleurs, ces travaux de rénovation électrique sont déductibles des revenus fonciers sous certaines conditions : voir notre guide sur le formulaire 2044 et les revenus fonciers pour le détail des charges déductibles.
Quel est le coût pour refaire l’électricité d’une maison ancienne ?
Pour une maison ancienne, le budget se situe le plus souvent entre 100 € et 160 € du m², la fourchette haute s’expliquant par des cloisons en brique ou en torchis et une pose encastrée systématique.
Quelle différence entre mise aux normes et mise en sécurité ?
La mise en sécurité corrige les anomalies dangereuses sans viser une conformité totale. La mise aux normes NF C 15-100 concerne une rénovation complète et exige le visa Consuel avant remise sous tension.
Comment estimer le prix d’un électricien au m² ?
Multipliez la surface habitable par une fourchette de 80 à 160 €/m² HT, puis ajustez selon la nature des cloisons, la hauteur sous plafond et le type de pose retenu (encastrée ou apparente).