MaPrimeRénov’ Copropriété finance entre 30 % et 45 % du montant des travaux de rénovation énergétique réalisés sur les parties communes d’un immeuble, dans la limite de 25 000 € par logement. L’aide est versée par l’Anah au syndic, qui la répartit ensuite entre les copropriétaires selon leurs tantièmes. Le dossier ne peut être déposé qu’après un vote en assemblée générale et la désignation d’un accompagnateur obligatoire, l’AMO.
Voilà pour la réponse courte. La suite explique qui est concerné, combien vous pouvez réellement toucher, et surtout, comment se déroule le parcours du premier audit jusqu’au versement de l’argent.
MaPrimeRénov’ Copropriété est une subvention publique gérée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Elle finance la rénovation énergétique globale des parties communes d’un immeuble : façades, toiture, chauffage collectif, ventilation. Elle peut aussi couvrir des travaux sur des parties privatives, comme le remplacement des fenêtres, lorsqu’ils sont votés dans l’intérêt collectif de l’immeuble.
Contrairement à une aide individuelle, elle n’est jamais versée à un copropriétaire seul. Elle est demandée par le syndic, au nom du syndicat des copropriétaires, et profite à tous les lots, qu’ils soient occupés par leur propriétaire ou loués.
Depuis 2024, MaPrimeRénov’ se divise en trois parcours distincts : le parcours par geste, la rénovation d’ampleur pour un logement individuel, et la copropriété. Si vous cherchez plutôt à financer des travaux dans votre propre appartement sans passer par un vote collectif, notre guide sur les conditions et montants de MaPrimeRénov’ en 2026 détaille le parcours individuel.
Une copropriété doit remplir trois conditions cumulatives pour prétendre à l’aide :
| Condition | Exigence |
|---|---|
| Immatriculation | Être inscrite et à jour au registre national des copropriétés |
| Ancienneté du bâtiment | Avoir été construit depuis au moins 15 ans |
| Part de résidences principales | Au moins 65 % pour les copropriétés de 20 lots ou moins, 75 % au-delà |
Une copropriété mixte, avec des commerces ou des bureaux au rez-de-chaussée, reste éligible tant que le seuil de résidences principales est respecté. C’est souvent ce seuil qui bloque les petits immeubles de centre-ville où les locaux commerciaux occupent une part importante des tantièmes.
L’aide couvre l’isolation de la toiture et des murs, le changement du système de chauffage collectif, l’installation d’une ventilation, ainsi que certains travaux sur les parties privatives d’intérêt collectif comme le remplacement des fenêtres. La liste complète est fixée par l’Anah et inclut aussi l’étanchéité, les réseaux d’eau et certains travaux électriques.
La condition centrale reste le gain énergétique. Les travaux doivent permettre d’atteindre au moins 35 % de gain énergétique pour déclencher l’aide, et 50 % pour obtenir le taux maximal. Ce gain doit être démontré par une évaluation ou un audit énergétique, réalisé avant et après les travaux.
Deux précisions importantes pour 2026 :
Avant tout dépôt de dossier, l’audit énergétique obligatoire permet de savoir précisément quel scénario de travaux atteint le seuil requis, et d’éviter un projet qui ne serait finalement pas finançable.
Le montant dépend directement du gain énergétique obtenu.
| Gain énergétique | Taux de subvention | Plafond |
|---|---|---|
| Au moins 35 % | 30 % du montant des travaux | 25 000 € par logement |
| Au moins 50 % | 45 % du montant des travaux | 25 000 € par logement |
Deux bonus peuvent s’ajouter à ce taux :
À cela s’ajoutent des primes individuelles, versées directement aux copropriétaires selon leurs ressources :
| Catégorie de ménage | Prime individuelle |
|---|---|
| Ressources très modestes | 3 000 € |
| Ressources modestes | 1 500 € |
Ces primes se calculent sur le revenu fiscal de référence de l’année N-1, donc les revenus 2025 pour une demande déposée en 2026. Les barèmes diffèrent entre l’Île-de-France et le reste du territoire.
Aucune copropriété ne peut obtenir cette aide sans un accompagnateur. L’assistance à maîtrise d’ouvrage, ou AMO, conseille le syndic sur le montage technique, financier et social du projet, du premier scénario de travaux jusqu’au suivi de chantier.
L’Anah finance 50 % du coût de cette prestation, dans une limite qui dépend de la taille de l’immeuble :
Pour les chantiers dépassant 100 000 €, une mission de maîtrise d’œuvre complète devient également obligatoire, en plus de l’AMO. La demande d’aide pour l’AMO peut être déposée avant celle concernant les travaux eux-mêmes, ce qui permet de sécuriser le financement de l’accompagnement dès le départ.
Voici le parcours complet, dans l’ordre réel où il se déroule.
Comptez généralement entre 12 et 24 mois entre le premier audit et le versement effectif de la prime, selon la taille de la copropriété et la complexité des travaux votés
Prenons un immeuble construit en 1978, composé de 20 logements, tous en résidence principale. Le syndic fait voter un programme d’isolation des murs extérieurs et le remplacement de la chaudière collective par une pompe à chaleur.
Aide MaPrimeRénov’ Copropriété : 55 % × 480 000 € = 264 000 €
À cela s’ajoutent :
Au total, environ 295 000 € d’aides sont mobilisées sur un projet de 480 000 €, avant même de compter les aides complémentaires comme les CEE. Le reste à charge collectif, réparti aux tantièmes, tombe alors sous les 45 % du coût initial des travaux.
Oui, sur plusieurs fronts. Les certificats d’économies d’énergie (CEE) et l’éco-prêt à taux zéro copropriétés peuvent compléter le plan de financement collectif. Un copropriétaire peut aussi cumuler l’aide collective avec MaPrimeRénov’ individuelle s’il souhaite financer des travaux dans son propre appartement, en dehors de ce qui relève de l’intérêt collectif : par exemple, rénover une salle de bain avec un budget maîtrisé reste un projet individuel distinct des travaux votés en assemblée.
En revanche, l’aide collective ne se cumule pas avec les aides individuelles de l’Anah portant sur les mêmes travaux, ni avec MaPrimeAdapt’. Pour un propriétaire bailleur, ces travaux collectifs ont aussi un effet direct sur la valorisation du bien en vue d’une revente, un point souvent négligé dans les discussions en assemblée générale.
Qui touche l’argent de MaPrimeRénov’ Copropriété ?
Le syndic reçoit la prime pour le compte du syndicat des copropriétaires, puis la répartit entre les copropriétaires selon leurs tantièmes.
Un copropriétaire peut-il demander seul cette aide ?
Non. Seul le représentant légal de la copropriété, syndic professionnel, bénévole ou administrateur provisoire, peut déposer le dossier.
Que se passe-t-il si le gain énergétique est inférieur à 35 % ?
Le projet n’est pas éligible au régime général, sauf pour les petites copropriétés qui remplissent les conditions de l’expérimentation à 15 % de gain, valable jusqu’au 31 décembre 2029.
MaPrimeRénov’ Copropriété est-elle cumulable avec les CEE ?
Oui. Les certificats d’économies d’énergie peuvent compléter le financement, et sont même une condition obligatoire pour obtenir le bonus copropriété fragile de 20 points.
Combien de temps prend l’ensemble de la démarche ?
Comptez généralement 12 à 24 mois entre l’audit énergétique initial et le versement de la prime, selon la taille de l’immeuble et la complexité du projet.
Un locataire peut-il bénéficier de cette aide ?
Pas directement. L’aide profite au syndicat des copropriétaires et, indirectement, aux propriétaires bailleurs, sans effet automatique sur le montant du loyer en cours de bail.