Un logement classé F ou G coûte cher à chauffer et, depuis la loi Climat et Résilience, de plus en plus difficile à louer. MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur — le « parcours accompagné » — a été créé pour financer une remise à niveau complète plutôt qu’un geste isolé, avec une prise en charge qui peut atteindre 80 % du montant des travaux pour les ménages les plus modestes. Ce guide reprend le fonctionnement exact du dispositif en 2026 : qui peut en bénéficier, combien ça coûte réellement une fois les aides déduites, et dans quel ordre mener les démarches pour ne pas voir votre dossier rejeté.
🔑 L’essentiel
Le parcours accompagné de MaPrimeRénov’ finance une rénovation d’ampleur : des travaux coordonnés (isolation, chauffage, ventilation) qui font gagner au moins deux classes énergétiques au DPE. Réservé aux logements classés E, F ou G, il impose un audit énergétique et un Accompagnateur Rénov’ obligatoire, et finance jusqu’à 80 % du chantier.
Le parcours par geste finance une action isolée — changer une chaudière, isoler des combles — avec un forfait fixe par équipement. Le parcours d’ampleur finance un bouquet de travaux pensé comme un projet global, avec un pourcentage appliqué sur l’ensemble du devis plutôt qu’un forfait par poste.
| Parcours par geste | Rénovation d’ampleur | |
|---|---|---|
| Nature de l’aide | Forfait par équipement | Pourcentage du montant des travaux HT |
| Gain énergétique exigé | Aucun gain minimal imposé | Au moins 2 classes DPE |
| Accompagnement MAR | Non requis | Obligatoire |
| Audit énergétique | Non systématique | Obligatoire avant et après travaux |
| Profil Rose (revenus supérieurs) | Exclu depuis 2024 | Éligible depuis 2026 |
Depuis 2026, l’isolation des murs (ITE/ITI) et les chaudières biomasse à alimentation centrale sont sorties du parcours par geste : ces travaux ne sont désormais finançables que dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, ce qui pousse mécaniquement de nombreux foyers vers ce parcours.
La loi Climat et Résilience interdit progressivement la location des logements les plus énergivores : les étiquettes G sont déjà concernées, et l’interdiction s’étend aux F. Le parcours d’ampleur cible spécifiquement ces logements pour leur permettre d’atteindre au minimum la classe D avant que leur mise en location — ou leur revente dans de bonnes conditions — ne devienne compromise.

🔑 L’essentiel
Le projet doit démontrer, via un audit énergétique réalisé par un professionnel qualifié, un gain d’au moins deux classes sur l’étiquette DPE. Un logement classé G doit donc viser au minimum la classe E, et un F doit viser au minimum la classe D. Plus le saut de classes est important, plus le plafond de dépenses éligibles à l’aide augmente — un point détaillé plus bas.
Le dossier doit inclure au moins deux gestes d’isolation parmi : isolation des murs (ITE ou ITI), de la toiture ou des combles, du plancher bas. Ces travaux d’enveloppe se combinent généralement avec le remplacement d’un système de chauffage énergivore (par une pompe à chaleur, le plus souvent) et l’installation d’une ventilation mécanique contrôlée, indispensable pour éviter les problèmes d’humidité une fois le logement rendu étanche à l’air.
Sont éligibles les propriétaires occupants, les propriétaires bailleurs (engagement de louer le bien pendant 5 ans minimum, avec un plafonnement du loyer dans certains cas), ainsi que les usufruitiers et titulaires d’un droit d’usage du bien. Les locataires ne peuvent pas déposer de dossier directement. Pour un panorama de l’ensemble des conditions et montants MaPrimeRénov’ toutes catégories confondues (par geste comme d’ampleur), notre guide des conditions et montants MaPrimeRénov’ 2026 détaille chaque cas de figure.
🔑 L’essentiel
Le MAR n’est pas un simple intermédiaire administratif. Il réalise ou supervise l’audit énergétique, aide à hiérarchiser les travaux pour atteindre le gain de classes visé, oriente vers des artisans RGE compétents, monte le dossier de demande d’aide, et suit le chantier jusqu’à l’audit final. Depuis un arrêté du 20 février 2026, un premier rendez-vous gratuit avec un conseiller du réseau France Rénov’ est devenu obligatoire avant tout dépôt de dossier — ce conseiller oriente ensuite vers un MAR agréé.
Comptez entre 1 000 € et 2 500 € HT pour l’ensemble de la mission MAR, montant variable selon la taille du projet. Cette prestation est elle-même subventionnée : jusqu’à 100 % pour les ménages très modestes (profil Bleu), dans la limite de 2 000 €, et environ 80 % pour les ménages modestes (profil Jaune). Les ménages aux revenus plus élevés bénéficient d’une prise en charge plus réduite mais non nulle. C’est l’une des zones les plus mal expliquées par la plupart des guides en ligne : demandez systématiquement à votre MAR de vous communiquer le montant net de sa prestation avant signature, et non uniquement son tarif brut.
🔑 L’essentiel
L’Anah classe chaque ménage selon son revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-1 (donc 2025 pour une demande déposée en 2026) et le nombre de personnes du foyer, avec un barème distinct pour l’Île-de-France. À titre d’exemple, pour une personne seule hors Île-de-France :
| Profil | Couleur | RFR indicatif (1 personne, hors IDF) |
|---|---|---|
| Très modeste | Bleu | jusqu’à environ 17 400 € |
| Modeste | Jaune | jusqu’à environ 22 300 € |
| Intermédiaire | Violet | jusqu’à environ 31 200 € |
| Supérieur | Rose | au-delà de ce seuil |
Ces seuils augmentent avec le nombre de personnes dans le foyer. Utilisez le simulateur officiel sur france-renov.gouv.fr pour connaître votre profil exact : les barèmes sont révisés chaque année et un chiffre indicatif ne remplace pas un calcul personnalisé.
Pour la rénovation d’ampleur, le taux de subvention s’applique sur le montant des travaux HT, dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles pouvant atteindre 70 000 € selon le nombre de classes énergétiques gagnées :
| Profil | Taux de prise en charge indicatif |
|---|---|
| Bleu (très modeste) | jusqu’à 80 % |
| Jaune (modeste) | jusqu’à 60 % |
| Violet (intermédiaire) | jusqu’à 45 % |
| Rose (supérieur) | jusqu’à 30 % |
Point de vigilance : ces taux et plafonds ont été modifiés à plusieurs reprises entre 2024 et 2026 — fermeture du guichet en juin 2025, réouverture à barèmes réduits en septembre 2025, nouvelle réouverture en février 2026 après le vote de la loi de finances. Une bonne partie des articles encore en ligne reprend des chiffres périmés. Avant d’engager un budget, faites toujours confirmer le taux applicable à votre dossier par votre conseiller France Rénov’ ou via le simulateur officiel.
Exemple chiffré : un couple au profil Jaune engage 40 000 € HT de travaux (isolation des murs, PAC, VMC) pour un gain de 3 classes DPE. À un taux de 60 %, MaPrimeRénov’ verse 24 000 €. Le reste à charge de 16 000 € peut être couvert par un éco-PTZ à taux zéro, sans apport initial nécessaire.
Un bonus spécifique récompensant la sortie du statut de passoire thermique (F ou G vers D ou mieux) a existé jusqu’à fin 2025. Son maintien en 2026 dépend des arbitrages budgétaires en cours d’année — ne bâtissez pas votre plan de financement sur ce bonus sans en vérifier l’existence actuelle auprès de votre MAR ou conseiller France Rénov’ au moment du dépôt de votre dossier.

🔑 L’essentiel
C’est le piège le plus fréquent chez les particuliers qui ont déjà entendu parler des primes énergie CEE pour un geste isolé. Dans le parcours d’ampleur, la valorisation CEE est directement intégrée dans le calcul de l’aide Anah globale, en un seul dossier. Tenter de solliciter une prime CEE en parallèle, auprès d’un autre organisme, expose à un rejet ou à une régularisation de votre dossier Anah — les deux aides financent le même chantier via le même canal administratif.
L’éco-PTZ permet d’emprunter jusqu’à 50 000 € sans intérêt, remboursables sur 20 ans, sans condition de ressources. C’est l’outil le plus adapté pour couvrir le reste à charge après déduction de MaPrimeRénov’, puisqu’il ne dépend pas de votre profil de revenus et peut être demandé auprès de la plupart des banques partenaires.
De nombreuses collectivités (certaines régions, métropoles, départements) proposent des aides complémentaires, généralement entre 500 € et 3 000 €, cumulables avec MaPrimeRénov’. Ces dispositifs varient fortement d’un territoire à l’autre et changent régulièrement : votre conseiller France Rénov’ local est le mieux placé pour vérifier ce qui existe précisément dans votre commune.
🔑 L’essentiel : cinq étapes obligatoires, dans un ordre strict — aucun engagement de travaux ne doit intervenir avant l’accord de l’Anah.
Comptez actuellement jusqu’à 6 mois d’instruction pour un dossier de rénovation d’ampleur, contre environ 3 mois pour un dossier par geste — un délai allongé par le volume de dossiers accumulés lors des fermetures temporaires du guichet en 2025 et début 2026.

Signer un devis avant l’accord de l’Anah. C’est la première cause de rejet de dossier : tout engagement de travaux (signature, acompte) avant la notification d’octroi rend l’aide caduque, sans recours possible.
Confondre plafond de dépenses éligibles et montant de l’aide. Le plafond (jusqu’à 70 000 €) est la base de calcul, pas le montant versé — celui-ci résulte de l’application du taux de votre profil sur cette base, ou sur le montant réel des travaux s’il est inférieur.
Ignorer que le profil Rose n’accède qu’au parcours d’ampleur. Depuis 2026, les ménages aux revenus supérieurs peuvent financer une rénovation globale, mais restent exclus du parcours par geste — une nuance récente que beaucoup de propriétaires aisés ignorent encore.
Sous-estimer les délais actuels. Avec un stock de dossiers en attente depuis les suspensions de 2025-2026, comptez large : ne calez pas un déménagement ou un compromis de vente sur une notification d’octroi attendue « sous 2 mois ».
Oublier que le dispositif est piloté par un budget annuel. L’Anah a déjà fermé temporairement le guichet en cours d’année (juin 2025) faute d’enveloppe disponible. Un dossier déposé tôt dans l’année sécurise davantage votre financement qu’un dossier déposé en fin d’exercice budgétaire.
Est-ce que Mon Accompagnateur Rénov’ est gratuit ? Non, mais il est fortement subventionné : jusqu’à 100 % (plafonné à 2 000 €) pour les ménages très modestes, environ 80 % pour les modestes, une prise en charge plus réduite pour les revenus intermédiaires et supérieurs. Le rendez-vous initial avec un conseiller France Rénov’, lui, est toujours gratuit.
Quel est le reste à charge pour une rénovation d’ampleur ? Il varie selon votre profil de revenus, le montant réel du devis et le nombre de classes DPE gagnées. Un ménage très modeste peut voir jusqu’à 80 % de son projet couvert par MaPrimeRénov’, quand un ménage aisé se situe plutôt autour de 30 %. L’éco-PTZ permet ensuite de financer le solde sans intérêt.
Comment passer de la classe F à la classe D avec l’Anah ? En engageant un projet coordonné d’au moins deux gestes d’isolation (murs, toiture, plancher) associé à un changement de chauffage et une ventilation adaptée, validé par un audit énergétique avant et après travaux qui démontre le gain de deux classes minimum.
Peut-on cumuler MaPrimeRénov’ d’ampleur avec une prime CEE ? Pas séparément : les CEE sont automatiquement intégrés dans le calcul de l’aide Anah pour ce parcours. Vous n’avez qu’un seul dossier à déposer, ce qui simplifie la démarche mais empêche toute demande CEE additionnelle auprès d’un autre organisme pour le même chantier.
Le profil Rose peut-il bénéficier de la rénovation d’ampleur ? Oui, depuis 2026. Les ménages aux revenus supérieurs, auparavant exclus de ce parcours, y ont désormais accès avec un taux de prise en charge plus faible (environ 30 %), mais restent exclus du parcours par geste.
Que se passe-t-il si je commence les travaux avant l’accord de l’Anah ? Le dossier est automatiquement rejeté ou l’aide perdue : aucun devis ne doit être signé ni aucun acompte versé avant d’avoir reçu la notification officielle d’octroi de l’Anah.
Combien de temps dure l’instruction d’un dossier en 2026 ? Comptez jusqu’à 6 mois pour un dossier de rénovation d’ampleur actuellement, contre environ 3 mois pour un dossier par geste, en raison du volume de dossiers en attente accumulés pendant les périodes de fermeture du guichet.