MaPrimeRénov’ a rouvert le 23 février 2026 après plusieurs mois de flou budgétaire, avec des règles resserrées : certains travaux sortent du parcours par geste, les profils de revenus les plus aisés perdent l’accès aux forfaits ciblés, et le passage par un accompagnateur devient la norme dès qu’un projet touche à plusieurs postes. Voici ce qui a changé et comment en profiter sans perdre de temps ni d’argent.
MaPrimeRénov’ est l’aide de l’État, gérée par l’Anah (Agence nationale de l’habitat), qui finance une partie des travaux de rénovation énergétique d’un logement : isolation, chauffage, ventilation, ou rénovation globale. Elle remplace depuis 2020 l’ancien crédit d’impôt CITE.
Trois changements structurent l’année :
En résumé, pour être éligible à MaPrimeRénov’ en 2026, il faut réunir trois conditions : être propriétaire du logement (occupant ou bailleur), que ce logement ait plus de 15 ans et serve de résidence principale, et faire réaliser les travaux par un artisan certifié RGE.
Le dispositif s’adresse aux propriétaires occupants, aux propriétaires bailleurs et aux copropriétés, en France métropolitaine comme en Outre-mer. Les locataires ne peuvent pas déposer de dossier directement. Un propriétaire bailleur qui loue le bien concerné doit consulter le dispositif Bail Rénov’, qui encadre spécifiquement son cas, et penser à la <a href= »https://habitatclair.fr/guides/achat-vente/formulaire-2044-revenus-fonciers/ »>déclaration des revenus fonciers</a> liés au bien loué.
Le logement doit avoir été construit il y a plus de 15 ans — sauf pour le remplacement d’une chaudière au fioul, où 2 ans suffisent. Il doit être occupé au moins 8 mois par an à titre de résidence principale. Un DPE ou un audit énergétique est désormais un prérequis obligatoire au dépôt du dossier, quel que soit le parcours choisi.
Aucune aide n’est versée si les travaux sont réalisés par un professionnel non certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). C’est aussi la meilleure protection contre les arnaques : vérifiez systématiquement le certificat via l’annuaire officiel de France Rénov’ avant de signer un devis.
L’Anah classe les ménages en quatre profils selon leur revenu fiscal de référence (RFR) — celui de l’année N-1, donc les revenus 2025 pour une demande déposée en 2026 :
| Profil | Catégorie | Accès au parcours par geste | Accès à la rénovation d’ampleur |
|---|---|---|---|
| Bleu | Revenus très modestes | Oui | Oui (taux jusqu’à 80 %) |
| Jaune | Revenus modestes | Oui | Oui |
| Violet | Revenus intermédiaires | Oui | Oui |
| Rose | Revenus supérieurs | Non, depuis 2026 | Oui (taux limité à 10 %) |
Les plafonds varient selon la composition du foyer et la localisation (Île-de-France ou province). À titre indicatif, pour un foyer d’une seule personne hors Île-de-France, les seuils de RFR à ne pas dépasser sont d’environ 17 363 € pour le profil très modeste, 22 259 € pour le profil modeste, et 31 185 € pour le profil intermédiaire — au-delà, le ménage relève du profil Rose. Ces montants augmentent avec le nombre de personnes du foyer et sont plus élevés en Île-de-France. Le barème complet, actualisé chaque année, se consulte sur france-renov.gouv.fr/bareme.
En bref : le parcours par geste convient à un projet ciblé sur un seul poste de travaux, tandis que le parcours accompagné s’impose dès qu’un projet vise plusieurs classes de gain DPE ou combine plusieurs interventions.
| Critère | Parcours par Geste | Parcours Accompagné (Ampleur) |
|---|---|---|
| Nature des travaux | Un ou plusieurs gestes isolés | Rénovation globale, plusieurs postes |
| Profils éligibles | Bleu, Jaune, Violet uniquement | Tous les profils, y compris Rose |
| Montant de l’aide | Forfait fixe par équipement | Pourcentage du montant HT des travaux |
| Plafond | 20 000 € cumulés sur 5 ans | 30 000 € HT (gain 2 classes) à 40 000 € HT (gain ≥3 classes) |
| Accompagnateur (MAR) | Non requis | Obligatoire |
| Audit énergétique | Non systématique | Obligatoire |
Ce parcours finance un équipement précis : pompe à chaleur, isolation de toiture ou de plancher bas, ventilation, chauffe-eau solaire. Depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs et les chaudières biomasse en sont exclues — ces travaux ne peuvent plus être demandés en projet isolé. Le montant cumulé de MaPrimeRénov’ par geste ne peut pas dépasser 20 000 € par logement sur 5 ans. Exception notable : les logements classés F ou G (passoires thermiques) gardent exceptionnellement accès à ce parcours jusqu’au 31 décembre 2026, avant l’obligation de passer en rénovation d’ampleur dès 2027.
Ce parcours vise un gain d’au moins deux classes DPE grâce à un bouquet de travaux. Il est obligatoirement encadré par Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR), un professionnel agréé par l’Anah qui réalise l’audit, aide à choisir les artisans RGE, monte le dossier et vérifie la conformité du chantier avec le scénario prévu.
Le coût moyen d’un accompagnement MAR se situe entre 2 000 € et 2 800 € TTC. L’Anah le finance dans la limite d’un plafond de 2 000 € TTC (4 000 € pour les situations d’habitat indigne ou de perte d’autonomie), selon un taux qui dépend du profil de revenus :
| Profil | Prise en charge MAR | Reste à charge indicatif |
|---|---|---|
| Bleu (très modestes) | 100 % | 0 € |
| Jaune (modestes) | 80 % | ≈ 400 € |
| Violet (intermédiaires) | 40 % | ≈ 1 200 € |
| Rose (supérieurs) | 20 % | ≈ 1 600 € |
Les montants varient fortement selon la technologie. Pour une PAC air/eau, l’aide en parcours par geste peut atteindre 5 000 € pour un ménage très modeste, 4 000 € pour un ménage modeste et 3 000 € pour un ménage intermédiaire. Pour une PAC géothermique ou un système solaire combiné, plus coûteux à installer, l’aide grimpe jusqu’à 11 000 € pour les très modestes, 9 000 € pour les modestes et 6 000 € pour les intermédiaires. Les poêles et inserts à bois restent financés ; les chaudières biomasse centrales, elles, ne le sont plus en projet isolé.
L’isolation de la toiture, des combles et du plancher bas reste éligible au parcours par geste, sous forme de forfaits fixes selon les revenus. Ce n’est plus le cas des murs par l’intérieur ou l’extérieur, désormais réservés à la rénovation d’ampleur. Le remplacement de fenêtres seul, financé à hauteur de 100 € environ selon les revenus dans MaPrimeRénov’, reste modeste : mieux vaut souvent privilégier les primes CEE sur ce poste précis.
En rénovation d’ampleur, l’aide correspond à un pourcentage du montant HT des travaux, plafonné à 30 000 € HT de dépenses pour un gain de 2 classes DPE, et 40 000 € HT pour un gain de 3 classes ou plus. Les taux vont jusqu’à 80 % pour les ménages très modestes, contre 10 % seulement pour les revenus supérieurs.
Exemple concret : un ménage au profil Jaune (modeste) réalise 40 000 € HT de travaux permettant un gain de 3 classes DPE. Avec un taux de prise en charge de 60 %, l’aide MaPrimeRénov’ s’élève à 24 000 €, laissant 16 000 € à financer par d’autres moyens (CEE, éco-PTZ, apport personnel).
Autre cas fréquent : un ménage réalise 35 000 € de travaux qui font passer son logement de la classe E à la classe C (gain de 2 classes). Avec un taux de 60 %, l’aide atteint 21 000 €, pour un reste à charge de 14 000 €.
Dans le parcours par geste, MaPrimeRénov’ se cumule avec les primes CEE versées par les fournisseurs d’énergie, sous réserve d’une règle d’écrêtement : le total des deux aides ne peut pas dépasser 90 % du montant TTC des travaux pour les très modestes, 75 % pour les modestes et 60 % pour les intermédiaires. Dans le parcours accompagné, les CEE sont intégrés automatiquement au montage financier par le MAR.
L’éco-PTZ permet de financer le reste à charge sans intérêts, dans la limite de plafonds fixés selon la nature des travaux. Certaines collectivités locales ou régionales ajoutent des aides complémentaires, parfois cumulables avec le financement de l’accompagnement MAR — renseignez-vous auprès de votre Espace Conseil France Rénov’. Une TVA réduite à 5,5 % s’applique également sur la plupart des travaux de rénovation énergétique facturés par l’artisan RGE.
À noter : les ménages très modestes peuvent demander une avance allant jusqu’à 50 % du montant de la prime avant le démarrage du chantier, un point souvent ignoré des ménages qui pensent devoir tout avancer.
Vigilance arnaques : deux techniques reviennent régulièrement — l’usurpation d’identité, où un fraudeur récupère vos données et touche la prime à votre place, et la livraison de matériel sans installation, où l’entreprise encaisse la prime sans jamais revenir terminer le chantier. Vérifier le certificat RGE sur l’annuaire officiel et passer par un Espace Conseil France Rénov’ reste la meilleure protection.

Qui a droit à MaPrimeRénov’ en 2026 ? Tout propriétaire occupant ou bailleur d’un logement de plus de 15 ans, utilisé comme résidence principale, peut y prétendre, à condition de passer par un artisan RGE. Les locataires ne sont pas éligibles.
Quel est le montant de MaPrimeRénov’ pour une pompe à chaleur ? De 3 000 € à 5 000 € pour une PAC air/eau, et jusqu’à 11 000 € pour une PAC géothermique, selon le profil de revenus du ménage.
Quels revenus pour MaPrimeRénov’ Bleu ? Le profil Bleu correspond aux ménages très modestes. À titre indicatif, pour une personne seule hors Île-de-France, le seuil de revenu fiscal de référence est d’environ 17 363 €. Ce plafond augmente avec la taille du foyer et en Île-de-France.
Comment obtenir l’aide MaPrimeRénov’ ? En passant par le simulateur officiel, en réalisant un DPE, en obtenant des devis d’artisans RGE, puis en déposant le dossier sur maprimerenov.gouv.fr avant de démarrer le moindre chantier.
Est-ce que le DPE est obligatoire pour MaPrimeRénov’ ? Oui, un DPE ou un audit énergétique est requis avant le dépôt du dossier, quel que soit le parcours choisi en 2026.
Le profil Rose peut-il encore bénéficier de MaPrimeRénov’ en 2026 ? Pas pour le parcours par geste, qui lui est fermé depuis 2026. Il reste éligible à la rénovation d’ampleur, avec un taux d’aide limité à 10 % du montant HT des travaux.
