Depuis le 1er janvier 2026, le Diagnostic de Performance Énergétique a changé de méthode de calcul. Le coefficient qui convertit l’électricité consommée en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Résultat concret : environ 850 000 logements chauffés à l’électricité sont sortis du statut de passoire thermique, et près de 7 millions de résidences principales ont vu leur étiquette progresser, sans le moindre euro de travaux.
Si vous possédez ou louez un logement chauffé à l’électricité, cette réforme vous concerne directement. Elle peut avoir amélioré votre étiquette d’une, voire deux classes. Elle peut aussi ne rien avoir changé du tout, selon l’isolation et les équipements de votre bien. Ce guide fait le point, six mois après l’entrée en vigueur du texte.
Le gouvernement a justifié ce changement par un écart devenu trop important entre la méthode de calcul du DPE et la réalité du mix électrique français.
Avant la réforme, chaque kWh d’électricité consommé comptait pour 2,3 kWh d’énergie primaire dans le calcul du DPE, contre seulement 1 kWh pour le gaz ou le fioul. Un logement bien isolé et équipé d’une pompe à chaleur pouvait ainsi afficher une étiquette moins bonne qu’un logement équivalent chauffé au gaz, simplement à cause de ce coefficient. Beaucoup de propriétaires ont découvert cette injustice en faisant réaliser leur diagnostic : leurs factures étaient raisonnables, mais leur étiquette restait mauvaise.
Plus de 90 % de l’électricité produite en France provient aujourd’hui du nucléaire et des énergies renouvelables, deux sources faiblement carbonées. Le coefficient de 2,3 datait d’une époque où le mix électrique européen était beaucoup plus dépendant du charbon et du gaz pour produire de l’électricité. La nouvelle valeur de 1,9 correspond à la valeur de référence utilisée à l’échelle européenne, et reflète mieux la réalité française. Le gouvernement encourage aussi, à travers cette révision, le remplacement des chaudières fossiles par des pompes à chaleur.
Coefficient d’énergie primaire (CEP) : c’est le multiplicateur utilisé par le DPE pour convertir l’énergie que vous consommez réellement chez vous (l’énergie finale, celle de votre facture) en énergie primaire, qui intègre les pertes liées à la production et au transport de cette énergie.
Depuis le 1er janvier 2026, ce coefficient est de 1,9 pour l’électricité, contre 2,3 auparavant. Il reste fixé à 1 pour le gaz, le fioul et le bois, car ces énergies sont consommées directement, sans transformation intermédiaire.
C’est le point que la plupart des articles laissent flou. Voici comment ce changement se traduit concrètement sur un DPE.
Prenons un logement chauffé à l’électricité, avec une consommation finale de 150 kWh/m²/an (chauffage, eau chaude, ventilation compris) :
Ce logement gagne une classe entière, sans aucun changement dans son isolation ou ses équipements. Attention toutefois : votre consommation réelle et votre facture n’ont pas bougé d’un centime. Seul le calcul affiché sur le diagnostic a changé. Un logement mal isolé qui consommait beaucoup restera mal classé, quel que soit le coefficient appliqué.
| Consommation finale électrique | Ancien calcul (coeff. 2,3) | Nouveau calcul (coeff. 1,9) |
|---|---|---|
| 100 kWh/m²/an | 230 kWh EP (classe D) | 190 kWh EP (classe D) |
| 150 kWh/m²/an | 345 kWh EP (classe F) | 285 kWh EP (classe E) |
| 200 kWh/m²/an | 460 kWh EP (classe G) | 380 kWh EP (classe F) |
Les logements les plus favorisés sont ceux qui étaient déjà correctement isolés, mais pénalisés par leur mode de chauffage électrique : radiateurs récents, plancher chauffant, pompe à chaleur, ballon thermodynamique. Les petites surfaces, où le chauffage pèse proportionnellement plus lourd dans le calcul, comptent parmi les plus grands bénéficiaires : une partie d’entre elles cumule ce gain avec celui de la réforme des petites surfaces entrée en vigueur en juillet 2024, et peut ainsi progresser de deux classes.
Le coefficient du gaz et du fioul n’a pas changé, il reste à 1. Ces logements ne perdent donc aucune classe à cause de la réforme, mais ils perdent l’avantage comparatif qu’ils avaient face à l’électricité. Un logement chauffé au gaz, jusqu’ici mieux classé qu’un logement électrique équivalent, peut désormais se retrouver à égalité, voire derrière lui.
La réforme du coefficient ne modifie ni le calendrier ni les seuils fixés par la loi Climat et Résilience. Ce que la réforme change, c’est la classe dans laquelle votre logement se retrouve classé au moment de l’évaluer face à ce calendrier.
| Classe DPE | Interdiction de location | Statut au 12 juillet 2026 |
|---|---|---|
| G | Depuis le 1er janvier 2025 | En vigueur |
| F | À partir du 1er janvier 2028 | À venir |
| E | À partir du 1er janvier 2034 | À venir |
Aucun texte n’a modifié ces échéances. La seule chose qui change, c’est que davantage de logements électriques sortent des classes F et G grâce au nouveau coefficient, et échappent donc mécaniquement à ces interdictions sans avoir engagé de travaux. Un logement resté classé F ou G après la réforme, en revanche, reste soumis au calendrier initial.
Non, ce n’est pas obligatoire. Un DPE réalisé avant 2026 reste valable jusqu’à sa date d’expiration initiale, dans la limite de sa durée de validité de 10 ans.
En revanche, vous pouvez demander une mise à jour gratuite de votre étiquette, sans nouvelle visite d’un diagnostiqueur, directement sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, si votre logement est chauffé à l’électricité. Cette mise à jour recalcule votre étiquette avec le nouveau coefficient à partir des données déjà collectées lors de votre diagnostic initial.
Concrètement, si votre DPE actuel est classé F et expire en 2032 :
Tous les diagnostics réalisés à partir du 1er janvier 2026 appliquent obligatoirement le coefficient de 1,9, sans démarche particulière de votre part.
Si votre logement reste classé F ou G malgré la réforme, ou s’il est chauffé au gaz ou au fioul, la réforme du coefficient ne vous aide pas. Les travaux restent le seul levier.
L’isolation reste le poste le plus rentable sur le long terme : toiture, murs, combles perdus ou aménagés, et fenêtres. ces créations de surface habitable peuvent, à défaut, dégrader votre étiquette globale si elles ne sont pas correctement isolées.
Les anciens convecteurs électriques, souvent surnommés « grille-pains », consomment beaucoup pour un confort limité. Les remplacer par des radiateurs à inertie récents, ou mieux, par une pompe à chaleur, améliore à la fois votre confort et votre étiquette, en profitant en plus du nouveau coefficient de 1,9.
MaPrimeRénov’ et les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) restent accessibles pour financer l’isolation, le remplacement d’un système de chauffage, ou une rénovation globale. Les conditions et montants évoluent régulièrement : vérifiez votre éligibilité avant d’engager des devis.

Le coefficient du DPE a-t-il vraiment changé en 2026 ? Oui. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9, en application d’un arrêté publié au Journal officiel le 26 août 2025.
Mon DPE va-t-il baisser de classe à cause de la réforme ? Non. La réforme ne peut faire remonter une étiquette, jamais la dégrader. Aucun logement ne peut perdre de classe à cause de ce changement de calcul.
Dois-je payer pour mettre à jour mon DPE ? Non, si votre logement est chauffé à l’électricité et que votre diagnostic a été réalisé avant 2026. La mise à jour est gratuite et se fait en ligne, sans visite d’un diagnostiqueur, via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.
La réforme s’applique-t-elle aussi à la RE2020 pour le neuf ? Non. La RE2020, qui encadre les constructions neuves, continue pour l’instant d’utiliser le coefficient de 2,3. Seul le DPE des logements existants et les audits énergétiques appliquent la nouvelle valeur de 1,9.
Un logement chauffé au bois ou au gaz est-il concerné par la réforme ? Non, ou très peu. Le coefficient de ces énergies reste fixé à 1. Un logement en chauffage mixte, avec un appoint électrique limité, ne verra qu’un impact marginal.